La Galerie Chantal Crousel est heureuse d’accueillir la seconde exposition personnelle d’Oscar Tuazon pour laquelle l’artiste prolonge sa réflexion sur les liens entre l'eau, les droits de la terre, l'architecture et la sculpture.

Oscar Tuazon travaille essentiellement avec des techniques et des matériaux architecturaux, créant ainsi des structures et installations faites d’acier, de verre ou de bois via une approche de DIY (do it yourself). Ses sculptures, construites à la main, sont souvent des objets quasi-fonctionnels ou des modélisations de divers espaces. Le processus de construction lui-même peut être perçu comme dimension performative de l'œuvre. Afin de mener à bien ses nombreux projets d’installations à grande échelle et ses commandes publiques, Oscar Tuazon multiplie les collaborations avec des designers, des ingénieurs et autres bâtisseurs faisant ainsi référence au Land Art et au Minimalisme.

Avec son projet continu Water School (L’École de l’eau), Oscar Tuazon se concentre sur les dynamiques et les rapports de pouvoir qui régulent l'accès à la terre, à l'eau et aux infrastructures. Conçu comme un espace privilégié de rencontres, d’éducation, d’expérimentations et de débats, ce projet aborde les problématiques environnementales en lien avec les revendications politiques et sociales des populations locales. Inspirée par la Zome House (1969-1972) de l’ingénieur Steve Baer, la structure de Water School est réalisée en contreplaqué et repose sur des méthodes de constructions et de conceptions DIY respectueuses de l’environnement.

Ainsi, d’après l’artiste, « Guidé par la connaissance écologique Indigène, Cedar Spring Water School est un projet artistique public destiné à relier les individus par le biais de l’eau.Water School se déplace au fil de l’eau et de son cycle sur de vastes espaces géographiques, reliant les montagnes aux océans et les eaux souterraines aux cieux qui les surplombent. D’Albuquerque à Zürich, de Los Angeles à White Earth, Minnesota, des Grands Lacs à la mer des Salish, de Cedar Spring à Paris : Water School est une architecture mobile qui s’enrichit de la fluidité de son matériau et du processus collaboratif de sa construction. »

Pour son exposition à la Galerie Chantal Crousel, Oscar Tuazon présente un ensemble de fenêtres gravées qui font écho à l'architecture de la structure physique de Water School.
« Je travaille l’espace intérieur d’une fenêtre, entre les deux feuilles de verre d’un double vitrage, champ étroit d’une lumière réfractée où l’énergie est instanciée.»

Des poêles de masse rocket en bois et en acier inoxydable sont également exposés.
« Au cœur de chaque architecture brûle un feu : l’aspect culturel de la construction, dans lequel les habitants d’une structure sont liés à l’extérieur, responsables des ressources dont ils dépendent. Avec l’accélération du réchauffement climatique, le feu devient une menace qui échappe à notre contrôle, une arme sinistre, l’incendie. Pouvons-nous dompter le feu, outil premier de l’humanité ? Le poêle-fusée est un dispositif expérimental de faible technicité – un feu efficace qui consume ses émissions et brûle sa propre fumée.»

Un ensemble d’éléments aux frontières de l’architecture et de la sculpture font également partie de l'exposition. Évoquant et détournant la sphère du domestique et du privé, des lampes en verre soufflé, des miroirs circulaires peints, un évier en pierre encastré, une poignée de porte en bois brûlé selon la technique de Shou Sugi-ban ou encore des panneaux muraux faits de parquet occupent les espaces de la galerie.

Le texte complet d’Oscar Tuazon duquel sont extraites les citations est disponible ici.

Son travail a largement été exposé en Europe et aux Etats-Unis, dans des lieux tels que le Aspen Museum of Art, Aspen (2019) ; Bellevue Art Museum, Seattle (2019) ; Hammer Museum, Los Angeles (2016) ; Le Consortium, Dijon (2015) ; deCordova Sculpture Park and Museum, Lincoln (2014) ; Museum Ludwig, Cologne (2014) ; Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (2013) ; Schinkel Pavillon, Berlin (2013) ; Kunsthalle Bern (2010) et le Centre international d’art et du paysage, Île de Vassivière (2009).

Oscar Tuazon a également répondu à de nombreuses commandes dans l’espace public au cours de ces dernières années, dont Growth Rings, Central Wharf Park, Boston (2019-2020); Une colonne d'eau, Place Vendôme, Paris, France (2017); Un Pont, œuvre permanente pour la collection des Nouveaux Commanditaires de la Fondation de France, Belfort, France (2016); People, pour le Public Art Fund, Brooklyn Bridge Park, New York (2013).

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