Initiée par Chantal Crousel et Jean-David Cahn, l'exposition Replica se déroulera dans la résidence de Cahn au 2 rue Jean-Baptiste Clément à Bagnolet.

À la question — cette statue représente qui, comment et pourquoi l’as-tu reçue ? — Hassan Khan m’a répondu que cette statue (avec deux autres de cette série) lui a été offerte par sa mère. « Elle savait qu’elle allait jouer un rôle important pour moi. La statue ne représente aucune figure en particulier, mais elle a été le focus d’une intense méditation d’adolescent, et dans une des toutes premières vidéos en VHS que j’ai réalisées pour moi-même à 16 ans, la première image fut celle de cette statue, répondant au son de ma guitare. La statue est africaine. Ma mère m'a donné différentes statues, sans commentaire, mais je pense que ce fut une éducation inconsciente. »

Voilà une clé d'accès — parmi toutes les autres œuvres — à la découverte de l’exposition Replica. Ce mot pouvant être interprété comme « réplique » ou comme « réponse ». L’intention de l’exposition Replica est de partager avec le visiteur la rencontre d’objets archéologiques de diverses origines, époques et cultures — qui m’ont interpellés par la forme directe et chargée de sens de leur présence et de leur expression — confrontés à des œuvres très diverses qui reflètent des questions que les artistes contemporains se posent et nous proposent.  Il en ressort que notre « être dans le monde » n’a pas tant changé. Et que tous ces objets sont des expressions contemporaines avec quelques milliers d’années d’écart.

Replica est donc une invitation à chaque visiteur à imaginer des réponses, à formuler des questions, notamment : où commence le sublime.
—Chantal Crousel (2021)



La curiosité nous amène à savoir pourquoi des objets d’un passé lointain, appartenant à des civilisations anciennes, ont cette capacité de ressurgir entre les mains d’artistes contemporains. Ces objets ont une force sensuelle à travers le regard, le toucher, la mémoire. Ils déclenchent chez quiconque les saisit, et notamment l’artiste, un désir de réagir et de l’incorporer pour un moment. Il devient fascinant d’observer ce mouvement.

Beaucoup d’objets du passé avaient des fonctions précises : tantôt fonctionnels, politiques ou encore rituels. Ils ont vécu leurs vies. Ils ont reposé ensuite pour parfois des milliers d’années dans le silence. Les artistes, tels des séismographes du présent, les convoquent pour une intégration dans le présent. À l’opposé donc de l’approche archéologique, c’est-à-dire scientifique, ou à travers une méthodologie étendue, on tente de reconstruire un passé enseveli qui restera pour nous toujours fragmentaire. Ici, ce jeu de l’artiste avec les objets du passé enrichit la prise de conscience du présent.

Replica n’est pas la « réplique » dans le sens archéologique. Mais bien une réponse du contemporain, en écho au passé.

J’ai ouvert les portes de mes réserves d’objets archéologiques — essentiellement méditerranéens — à Chantal Crousel, qui est venue visiter ces âmes du passé. Le résultat est une rencontre, les yeux dans les yeux, avec des esprits contemporains. Et pour nous tous une conscience accrue de notre monde.
—Jean-David Cahn (2021)


À cette occasion, la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton proposera une interprétation de l’œuvre 3 de Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla, lors de trois concerts les 17 octobre, 7 et 20 novembre 2021.

 

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