Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla

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Reena Spaulings

Courbet your enthusiasm

21 juin — 2 août 2008

La Galerie Chantal Crousel présente Courbet your enthusiasm  (Courbet votre enthousiasme), la première exposition de Reena Spaulings à Paris.

En 2004, l’artiste new-yorkaise Reena Spaulings est née de l’activité quotidienne d’une galerie d’art contemporain, Reena Spaulings Fine Art, située à Manhattan, dans le Lower East Side. Jouant souvent de la double identité d’artiste et de marchand, l’œuvre de Spaulings remet en cause la division des tâches tout en interrogeant les notions admises d’auteur et de travail artistique.

Courbet your enthusiasm réunit un ensemble de nouveaux travaux, parmi lesquels des peintures pointillistes de l’architecture du New Museum de New York, des natures mortes, des caissons lumineux représentant des marchands et des pilotes de courses, des sérigraphies d’œuvres déjà existantes, des cartes postales de têtes et de drones téléguidés, un drapeau, et une série d’Enigmas (des nappes récupérées lors de dîners d’art contemporain et tendues sur des châssis).  

Un tableau Enigma se matérialise au cours d’un dîner organisé par une galerie ou un musée. Il est le signe de notre activité incessante ; une image qui émerge  des réunions régulières, et quasi-festives, du milieu artistique, à New York et ailleurs – pour ainsi dire, et pour reprendre l’expression de Paolo Virno, une peinture post-fordiste. Comme l’argent, c’est une « abstraction réelle ». Et à l’instar de nombreuses œuvres d’art, il s’impose également comme le travail de multiples auteurs, du marchand au commissaire d’exposition, en passant par l’écrivain et le collectionneur. Une nouvelle série d’Enigmas remplace et prend la relève des monochromes réalisés à l’imprimante de Wade Guyton qui ornaient les murs de la galerie le mois dernier. Le sol de Guyton est quant à lui réemployé dans la nouvelle exposition.

Quand un travail, qui est normalement invisible ou non signé, devient étrangement conscient de lui-même, et de sa fonction au sein du contexte de l’art contemporain, on se rapproche de « Courbet your enthusiasm ». Ici, le travail spécifique de l’artiste est parfois déplacé vers d’autres activités telles que la régie, le transport, la publicité et la production constante d’archives au sein d’une galerie.


Expositions personnelles récentes (sélection):
Contemporary Art museum, Saint Louis (USA), à partir de septembre 2008 ; How To Cook a Wolf, Kunsthalle Zurich, Zurich, 2007 ; Bialystoker, Sutton Lane, Londres, 2006.


Exposition collectives récentes (sélection):
Painting: Now and Forever, Part II, Carol Greene and Matthew Marks, New York, été 2008 ; L’argent, Le Plateau / Frac Ile-de-France, Paris, été 2008 ; Some Neighbors, Kunstverein München, Munich, 2008 ; 945 + 11, Fonds regional d’art contemporain d’Aquitaine, Bordeaux, 2007 ; Make Your Own Life, Museum of Contemporary Art, Miami, 2007.

 

 

 

Michael Krebber, à propos de Courbet your enthusiasm :

 

Pour savoir qui est quoi, il faut savoir qui est qui et quoi est quoi.
Prendre du champ, réfléchir à la réflexion.  

Malice au pays des merveilles.

À l’époque contemporaine, l’artiste s’occupe de notoriété et de ce qu’elle rapporte : être reconnu. Reconnaître en l’occurrence c’est re-connaître ce qui est connu, revoir ce qui peut l’être.
Cela fait déjà trop de complications.

De plein de choses n’en faire qu’une.

George H. W. Bush père et ses points of light, Georges Seurat ses points de couleur, ils n’avaient pas tort sur ce point.

Quand on veut justifier les économies d’échelle, une nouvelle idée d’idée neuve est un rêve.

Après le dîner on commence à prévoir le prochain dîner.
Les couteaux, fourchettes et cuillères sont ramassés.

Le désordre peut-il être complet ? Jamais achevé en tout cas.
Pas en une seule éternité. Juste saturé. Ainsi va la logique du raisonnement systématique.  

L’opération se passe mieux quand il y a des emplacements déterminés sans relation avec un centre.

Les avantages relatifs d’une manière de procéder signifient que l’on pourrait s’y prendre autrement, tout de suite ou la prochaine fois. C’est selon qu’on se trouve ou non en situation, la situation étant : les yeux tournés dans une direction pour ne pas voir les autres.

Il y aurait une allégorie intéressante dans les miettes de pain tombées par terre, nettoyées d’un seul coup de balai. Ce seul coup-là remet en cause la constitution de la preuve. La preuve est une chose, en tirer argument en est une autre.

Pour traiter une série de questions, il faut commencer quelquefois en bas, quelquefois au milieu, et quelquefois en haut. Paires ou brelans, la meilleure main est celle qui l’emporte sur les autres.

La victoire dans un concours d’idées selon des règles fixes est un jeu à somme nulle.  
Combattre l’information par l’information.

Savoir que des données risquent d’être déformées revient à introduire un contresens dans la case description.

Être une chose suppose que l’on ne soit pas autre chose.
Être deux choses suppose que l’on soit sans ambiguïté les deux et aucune.

Il faut prendre les choses en main de temps en temps. L’inconvénient c’est que l’activité peut aboutir en fait à quelque chose qui débouche sur un résultat par suite d’autres résultats.

Le paradoxe n’est qu’un obstacle à la vérité quand il engendre l’ambiguïté.

Le dilemme du marchand provient du fait qu’il raisonne en producteur plutôt qu’en distributeur. Transformer l’usage en valeur oblige à transformer la valeur en usage.

Dans une économie fonctionnelle, la répartition du travail est décisive.

Être suffisamment vague, c’est un travail de précision. La difficulté tient à l’humour, là où il n’y a rien de drôle à faire des blagues.

Comment s’échanger les rôles avec soi-même ?

Ce qui laisse perplexe dans toutes ces histoires d’oracles, c’est : comment le sphinx le sait-il ?

L’énigme du sphinx est : comment l’oracle sait-il quoi dire ?

Comment une chose peut-elle être ce qu’elle est et autre chose en même temps ?
Elle ne peut pas.
Une chose en devient une autre en étant ce qu’elle est.

Dans certaines conceptions traditionnelles, le marchand est capable de se contredire, l’artiste dit ce qu’il a à dire.  
Pour faire la synthèse, il faudrait dire des conneries.

Texte traduit de l’anglais par Jeanne Bouniort.

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