Rirkrit Tiravanija
untitled 2015 (run like hell)
6 juin - 18 juillet 2015

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  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Rirkrit Tiravanija, untitled 2015 (run like hell), Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
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Pour sa cinquième exposition à la Galerie Chantal Crousel, Rirkrit Tiravanija présente dans l’espace
principal deux nouvelles oeuvres quasi-monumentales.
« Joue une note, puis une autre, et une autre, et fais une chanson » (adage punk)
Depuis ses débuts, Rirkrit Tiravanija s’est intéressé aux contre-cultures qui n’ont cessé de nourrir son
travail. Mouvement contestataire par excellence du début des années 1970, le punk est une réponse
aux différentes crises, artistiques, économiques et sociales du moment. Il témoigne d’un rejet total
des circuits conventionnels et donne notamment le droit à tout un chacun de monter sur scène pour
s’y exprimer, de manière plus ou moins talentueuse. Inspiré par cette culture de l’amateurisme et de
la contestation, Rirkrit Tiravanija provoque de manière récurrente des situations d’expérimentation,
laissant le visiteur interagir en toute liberté avec ses installations et faisant ainsi glisser son statut de
visiteur à celui de participant. « Pour moi l’oeuvre est toujours dans la construction. Sans interaction ou
activation, elle n’existe pas ».

Cette fois, Rirkrit Tiravanija présente une première oeuvre qui abrite la reconstitution architecturale des toilettes du CBGB1, bar new-yorkais sur Bowery street, désormais clos, qui a vu naître des groupes punk tels que Television, The Ramones ou encore Patti Smith. Les murs sont épurés et débarrassés des milliers de graffitis et stickers accumulés pendant les 33 ans d’existence de l’établissement. Seules des traces imperceptibles, presque fantomatiques, apparaissent en relief. Tout comme le client du CBGB, le visiteur est ici libre de disposer des toilettes. Le processus de reconstitution n’est pas étranger à l’artiste, familier de la reproduction de structures architecturales diverses comme la péniche Louise-Catherine du Corbusier, Asile Flottant, 2010, son propre appartement new-yorkais répliqué à l’échelle 1, Untitled (Tomorrow is Another Day), 1996, ou encore son studio de répétition musical, Rehearsal Studio n°6,1996.

La deuxième pièce est une scène entièrement faite de marbre – reposant sur des bacs à glace – dont la structure s’inspire des scènes sauvagement improvisées, et sur laquelle trône le trio classique guitare/basse/batterie à la base du mouvement punk-rock. Chaque visiteur est ici libre de s’initier à la pratique des instruments sur scène et de faire résonner quelques riffs de guitare dans l’espace d’exposition.
L’utilisation du marbre est caractéristique du travail de Rirkrit Tiravanija : tout en conservant la fonctionnalité première de l’objet, il le détourne de son matériau initial pour lui préférer un matériau à la fragilité apparente. Pour untitled 2015 (run like hell), il crée ainsi une nette opposition entre la délicatesse du marbre et la brutalité du mouvement punk.

Rappelant celles qui soutiennent la scène, les glacières en marbre disséminées dans l’espace servent quant
à elles à contenir un fameux produit italien, le lardo di Colonnata. Ce produit, élaboré dans la commune
de Carrare est traditionnellement affiné dans des coffres de marbre. Poursuivant depuis le début des
années 1990 son exploration de la notion de communauté et de convivialité autour de la consommation de
nourriture, l’artiste invitera le visiteur à tailler le bout de gras pendant le vernissage.

Un concert aura lieu dans l’espace de la galerie au cours du vernissage.


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1. Country, Bluegrass, Blues and Other Music For Uplifting Gormandizers