Oscar Tuazon
Shelters
5 mars - 16 avril 2016

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  • Oscar Tuazon, Shelters, Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
  • Oscar Tuazon, Shelters, Exhibition view, Photo credits: © Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
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Rencontre sur le travail d’Oscar Tuazon avec Thomas Boutoux
Critique d’art, commissaire et co-fondateur de Castillo/Corrales

Mercredi 13 avril à 18h



© Vidéo : Andrew Wyke

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Lire est une activité physique. Quelque chose que les corps font avec des mots. Je veux créer un espace dédié à cela. Un espace pour les mots, un endroit où lire.

Voilà comme je vis, au travers des mots. Pour lire un mot tu le récites, tu l’inscris dans ta voix, dans ta bouche, et tu le dis. Peu importe les mots, ils t’appartiennent le temps d’une seconde. Prononces les sons à voix haute comme le ferait un enfant, et incarnes cette voix.

Il est des choses que je ne veux pas lire mais je les lis. Je ressens le besoin de le faire. Comme si j’en étais responsable, c’est un prix à payer. Je me dois de le faire. Lire c’est affronter l’autre, l’auteur, sentir cet autre parler à travers moi, pas vraiment un choix. Un lecteur est un témoin. Une autre voix qui ne m’appartient pas, une violence corporelle intime. Un orgasme de l’esprit.

Je veux un espace pour ça. Voilà ce que j’ai tenté de faire quand je vivais à Paris, créer un lieu pour y lire avec les autres. Je veux contenir ce besoin mais j’ai réalisé que c’était impossible. Je lis en marchant, c’est une activité physique. Les mots créent leurs propres mondes.

Ce que je suis en mesure de faire c’est fabriquer des étagères. Des meubles de mots. Des bancs de lecture. Des façons de regarder les mots, seul, ou avec les autres. La plupart du temps seul, tout en étant dans l’intimité des pensées de quelqu’un.

Je suis maintenant prêt à écrire.

— Oscar Tuazon, 2016