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  • Vue de l'exposition de Jean-Luc Moulène, En Angle mort, La Verrière, Bruxelles, 2018. Courtesy de l’artiste © Isabelle Arthuis. Fondation d’entreprise Hermès

  • Vue de l'exposition de Jean-Luc Moulène, En Angle mort, La Verrière, Bruxelles, 2018. Courtesy de l’artiste © Isabelle Arthuis. Fondation d’entreprise Hermès

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Publié le 6 Janvier 2018

Jean-Luc Moulène
En angle mort
19 janv. - 3 mars 2018


La Verrière, Fondation Hermès
Bruxelles, Belgique


Invité par Guillaume Désanges dans le cadre du cycle d’expositions « Poésie balistique », l’artiste français Jean-Luc Moulène (né en 1955, vit à Paris) déploie un ensemble d’oeuvres inédites, concrètes, terrestres, soumises à la gravité autant que mouvantes, dans l’espace de La Verrière.

« Depuis plus de vingt ans, Jean-Luc Moulène développe un travail complexe, à la fois analytique et mystérieux, dont la photographie a longtemps constitué la part la plus visible et la plus reconnue. Des Disjonctions, série de photographies a priori banales, souvent urbaines, qui opéraient comme des relevés d’indices topographiques indéterminés au coeur du réel, aux célèbres Objets de grève, des product shots d’artefacts industriels fabriqués par des ouvriers grévistes détournant l’outil de production, il s’agissait à chaque fois d’une facture photographique brute, cruelle, sans complaisance, mais toujours secrètement métaphorique.

Les dessins et objets sculpturaux, qui ont toujours participé de son travail, ont pris par la suite une importance plus grande, au point de devenir majoritaires dans ses dernières grandes expositions, sans changer foncièrement l’esprit qui anime cette oeuvre singulière. En plus d’interroger les enjeux de représentation de son médium, elle ne cesse d’aborder, dans sa matérialité même, des questions politiques et sociales, mais aussi ontologiques, notamment à travers la notion de « transaction », un terme investi de manière économique aussi bien que sensible, à travers une transaction permanente de l’imaginaire avec le réel.

Invité dans le cadre du cycle d’expositions « Poésie balistique », Jean-Luc Moulène déploie une production spécifique dans l’espace de La Verrière. Des peintures organiques mêlant goudron et huile côtoient d’étranges figures (précisément « balistiques »), réalisées par décomposition naturelle de champignons sur papier. Des photographies et sculptures complètent l‘ensemble. Le tout est mis en perspective par des miroirs mobiles opérant dans un régime de la furtivité. L’agencement précis de ces images, que vient perturber leur reflet reprogrammé en permanence, ne cherche pas à faire sens, mais interroge au contraire l’idée même de « sujet » en négatif, via sa mutation en objet et sa résistance à l’interprétation. »

— Guillaume Désanges

 

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