Galerie Chantal Crousel est heureuse de présenter Slip of the Line (2018), une vidéo d'Anri Sala. Le film nous convie à un étrange voyage qui suit la chaîne de production d’une manufacture verrière. Anri Sala nous présente son œuvre fascinante.

« Slip of the Line s’intéresse au façonnage de la matière dans une usine de verres à vin. D’un poste de travail à un autre, et au travers d’une suite orchestrée de manipulations artisanales, le verre passe d’un état de matière incandescente et fondue à celui d’objets transparents et solides.

Le périple de la matière suit alors son cours « naturel » jusqu'à ce que, de façon inattendue, un magicien plie les tiges désormais solides des verres à vin grâce à une série de gestes et de « regards » avec la matière. Ses actes magiques transcendent la ligne de travail de la chaîne de montage, en détournant les marchandises de leur forme et de leur fonction prescrites et habituelles. »

« En rêvant de l'usine comme d'une sorte de libretto complémentaire, où la magie du travail s’unit au travail de la magie, Slip of the Line s'amuse à jouer, à taquiner et à détourner les paradigmes du progrès et ses soi-disant courbes d’avancement. C'est comme si, intuitivement, l’œuvre utilisait sa part de magie pour repousser les limites physiques de la matière, dans l'espoir - ou la croyance - que l'on pourrait par conséquent étendre les frontières de ce monde. »

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Anri Sala
Slip of the Line
2018
Vidéo UHD et installation sonore en stéreo, couleur.
9min47s
Edition 1/6 + 3 AP
Prix : 240 000 EUR H.T.

« En introduisant le magicien au cœur du processus même de la production, Slip of the Line lui octroie les caractéristiques d’un univers enchanté, d’un royaume d'un autre monde. La rationalité, les lois physiques et la problématique de l’efficacité économique s'effacent alors pour laisser place à l’avancée d’une forme d’inconnu lyrique. La chaîne de montage ressemble à une phrase qui s'éloigne peu à peu de son sens premier, comme si elle s’était heurtée à un lapsus. »

« De retour à l'usine, alors qu'ils poursuivent leur parcours à travers la chaîne de montage, ces drôles de verres altèrent la gestuelle des ouvriers et les actions robotisées des machines. Cela permet aux gestes quasi-automatisés de se plier à une nouvelle chorégraphie éphémère, et confère aux engins une allure de ballet mécanique. En réponse à ces nouvelles figures, les mouvements des ouvriers deviennent plus humains, car ils doivent individuellement se confronter à la courbure de chaque verre. »

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Anri Sala
Resting Spells
2018
Verre soufflé
32 x 19 cm | 12 5/8 x 7 1/2 inches

Prix : 28 000 EUR H.T.

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Anri Sala
Resting Spells
2018
Verre soufflé
32 x 19 cm | 12 5/8 x 7 1/2 inches

Prix : 28 000 EUR H.T.

Vue d'exposition, Anri Sala, If and Only If, Galerie Chantal Crousel, Paris (2018).
Photo : Florian Kleinefenn

Ce qu’il y a de captivant dans les trois verres, c’est que, quoiqu’exécutés au même endroit, ils ne sont pas seulement des conséquences des actes du magicien, mais une synthèse de plusieurs actions.

L’intervention de ce dernier aboutit en effet à la courbure du pied, tandis que celle d’un maître verrier, dont le lieu du souffle est donné à voir dans le « chapeau » qui les coiffe et n’a pas été découpé comme il aurait dû l’être, lui ajoute cette étrangeté. Avec pour conséquence de parfaitement brouiller la perception de ce qui relèverait du savoir-faire ou de la magie.

« L’époque de l'automatisation croissante qui réduit l’implication humaine directe (sans rien enlever à la supervision humaine) et génère un affaiblissement des gestes manuels, tout en créant la potentialité de nouveaux mouvements quoique minime, conduit à des permutations kinésiques subtiles qu’aucun programme ni aucune chaîne de production menée par un algorithme ne peut susciter. »

— Anri Sala

Vue d'exposition, Anri Sala, If and Only If, Galerie Chantal Crousel, Paris (2018).
Photo : Florian Kleinefenn

Photo : Marc Domage

 

 

Anri Sala
 


Né en 1974 à Tirana, Albanie.
Vit et travaille à Berlin.
 

Depuis les années 1990, la pratique d’Anri Sala se développe sur un large éventail de médiums incluant la vidéo, la photographie, l’installation et plus récemment le dessin et la sculpture. Son travail explore les frontières entre l’image et le son en vue de générer des temporalités soigneusement assemblées, qui se chevauchent les unes avec les autres. À travers une nouvelle forme de langage, son travail ouvre une multitude de perspectives et d’interprétations rassemblant ainsi passé, présent et futur. Parce que l’artiste accorde une grande importance à la lumière, au son et à la scénographie, ses œuvres sont souvent présentées dans des espaces immersifs qui stimulent nos sens et créent un lien entre corps et architecture.

Il a remporté de nombreux prix au cours de sa carrière, notamment : The Vincent Award, Den Haag en 2014 et le Biennale di Venezia (Young Artist Prize) en 2001.


L’œuvre d'Anri Sala a par ailleurs été exposée dans de nombreuses institutions majeures, lors d'expositions personnelles, telles que la Fondation Botín, Santander (2019-2020) ; Mudam Luxembourg (2019) ; Castello di Rivoli, Museo d'Arte Contemporanea, Turin (2019) ; Garage Museum of Contemporary Art, Moscou (2018) ; Kaldor Public Art Projects, Sydney (2017) ; Museo Tamayo, Mexico D.F. (2017) ; New Museum, New York (2016) ; Haus der Kunst, Munich (2014) ; Baltimore Museum of Art, Baltimore (2014) ; The Helena Rubinstein Pavillon for Contemporary Art, Tel Aviv Museum of Art (2014) ; Palazzo Grassi Teatrino, Venise (2013) ; CAC Malaga (2013) ; Pavillon français, Biennale de Venise (2013) ; Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris (2012) ; National Museum of Art, Osaka (2011).

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