Reena Spaulings présente une nouvelle série de peintures découpées répétant la forme d’un hiéroglyphe, entre figure et lettre. Les formes de celles-ci proviennent du scan d'un déchet trouvé dans les rues de Manhattan : l'emballage en papier aplati d'une paire d’écouteurs Apple. Lorsque cette figure est inclinée à quatre-vingt-dix degrés, quatre signes distincts peuvent s'articuler, tel un alphabet. Le dernier geste fut de mêler cette figure-signe à la silhouette d’un acrobate issue des découpages de Matisse.

Les œuvres sont redéfinies par leur découpe aux contours marqués, à l’égyptienne, permettant à Reena Spaulings d’extraire la peinture du cadre du réalisme, du surréalisme, etc. L'abstraction devient une sorte de figure qui telle une lettre recodifie l'espace. Le hiéroglyphe aplati, incliné, sert de vecteur et de support pour que tout ce qui les compose les rende peintures : la couleur et le geste, la vitesse et la lumière, le chaos et le kitsch, entre autres.

La figure de l'acrobate semble prise au piège dans les articulations d'une machine à signes en rotation, ou peut-être en bondit-elle pour s’en échapper. C’est presque une danse, une allégorie. Sur certaines toiles, ces deux figures s’entremêlent pour former un monstre abstrait, qui peut lui aussi pivoter. Utilisant une technique inventée par Albert Oehlen à Los Angeles, des toiles non tendues sont fixées directement sur le mur avec de la colle de caoutchouc, telles des autocollants géants. D'autres sont fixées sur des supports en bois, leur conférant une présence plus sculpturale dans l'espace.

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