Gabriel Orozco, Montaña con cielo rosa (Mountain Under a Pink Sky), 2026 ; Precaución ciclistas, 2026 ; Árbol iluminado (Enlightened Tree), 2026 ; Enredadera pública (Public Vine), 2026 ; Altavista y Periférico (Altavista and Periférico), 2026. Photos : Nicholas Knight. Courtesy of Public Art Fund, NY.
Public Nature est la première série photographique sous le commissariat de Gabriel Orozco, et son premier projet d'art public à grande échelle aux États-Unis. L'exposition explore la relation entre la nature et l'environnement bâti, envisagés non pas comme des opposés, mais comme des systèmes qui se façonnent mutuellement et sans cesse. Des lianes enroulées autour de tuyaux, des paysages formés par des amas de terre et de détritus, ou encore des étals de rue remplis d'animaux en plastique apparaissent dans des compositions qui mettent en lumière des points de friction entre différentes formes d'infrastructures. Reconnu pour son attention aux détails négligés de la vie quotidienne et pour son travail hors des murs de l'atelier, Gabriel Orozco a saisi ces images au fil de ses déambulations dans l'espace public.
Installées sur 300 abribus JCDecaux à New York, Chicago et Boston, les 12 photographies fonctionnent comme des interventions en trompe-l'œil, dissolvant la frontière entre l'image et son site d'accueil. Elles prolongent la ville environnante dans le cadre de l'image, et inversement, créant des boucles de perception qui évoluent au gré des déplacements du spectateur. Sur l'une des photographies, un arbre pousse à travers un mur en béton ; une fois installée sur un abribus, ses racines semblent se prolonger jusque dans le trottoir, et ses branches rejoindre celles d'un arbre voisin. Gabriel Orozco utilise ainsi l'image comme matière sculpturale, afin de reconfigurer l'expérience spatiale de la ville.
Les œuvres invitent le spectateur à remarquer ces situations où les éléments naturels et urbains s'entremêlent de façon fortuite. Plutôt que de les présenter comme des curiosités isolées, Gabriel Orozco suggère qu'elles émergent de conditions qui se retrouvent partout dans le monde. Pour lui, la « nature » s'entend au sens large : comme matière organique, mais aussi comme décomposition, entropie et traces de l'activité humaine. Ce terme soulève également des questions sur ce qui constitue l'essence de l'espace public, et sur la manière dont celui-ci se définit à travers l'adaptation, l'accumulation et le temps. Les images d'Orozco offrent une réflexion subtile et poétique sur les villes contemporaines, envisagées comme des environnements partagés et en constante évolution.
Gabriel Orozco : Public Nature est une exposition organisée sous le commissariat de Gabriela López Dena, conservatrice associée de la pratique publique au Public Art Fund.
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