L’exposition présentait une nouvelle série d’œuvres. Dix peintures au format large (100 x 152 cm chacune), douze peintures de petit format (25 x 30 cm chacune), quinze collages/dessins, une série de cent sculptures en bois et une présentation intitulée Country Club Shop. L’artiste a également réalisé deux dessins muraux.
Le travail de Krisanamis a toujours été animé par ses contradictions. Son processus de peinture obsessionnel et exigeant développe un vocabulaire qui résiste à l'articulation facile de la culture postmoderne. Pourtant, il mélange souvent ce langage avec des signes familiers de la culture pop, qui dramatisent les polarités entre l’Asie de l’Est et l’Amérique de l’Ouest, le capitalisme riche et la pauvreté, le spiritualisme local et le sécularisme globaliste. Un langage pictural basé sur l’accumulation progressive de gestes muets se combine avec des images trouvées, saisies instantanément sur Internet. Krisanamis incarne ces contradictions dans sa vie personnelle, partageant son temps entre Chiang Mai et New York.
Si les nouvelles peintures de Krisanamis – densément superposées de toiles d’araignée en acrylique – évoquent un travail artisanal minutieux, sa nouvelle série de sculptures, sous la forme de tees de golf agrandis, fait allusion aux loisirs des classes aisées occidentales. Renversées de sorte qu’elles ressemblent à de petites fusées, ces sculptures deviennent aussi des symboles d’un capitalisme agressif. Une photographie trouvée, montrant l’entrée d’un Country Club à Kaboul en pleine guerre, où un soldat armé monte la garde, fusionne ces thèmes dans une comédie sinistre.
Une série de dessins muraux reprend des slogans provocateurs et accrocheurs en majuscules – « Global Investments » et « Tuscany-Style Condominium » – dans le style des manchettes qui sont collées sur les dessins de Krisanamis réalisés sur des feuilles de carton d’emballage. Placées dans le contexte du calme et de la maîtrise de ses peintures, ces proclamations bruyantes semblent être criées dans une langue que le locuteur lui-même ne comprend pas. Les collages présentent des titres découpés entourés de coulures et d'éclaboussures de peinture abstraite-expressionniste. Ce gestualisme, rapproché de ces titres auto-dramatisants, est caractérisé comme mélodramatique et rhétorique.
Les peintures, sculptures, collages et dessins muraux textuels seront complétés par une nouvelle sélection des films Quicktime. Ces courtes boucles vidéo, tournées avec un caméscope grand public ou même un téléphone portable, ont été filmées à New York et en Thaïlande. Leur brièveté elliptique contraste avec la temporalité lente des peintures de Krisanamis. Ces films sont légers et ludiques, attentifs aux mystères de la fugacité quotidienne.