Du 3 mai au 6 août 2012, le Centre Pompidou consacre une exposition monographique à l’artiste Anri Sala. Après Philippe Parreno en 2009, Jean-Michel Othoniel en 2011 et avant les invitations à Adel Abdessemed et Mircea Cantor à l’automne 2012, cette exposition s’inscrit dans la lignée des manifestations que le Centre Pompidou consacre aux artistes en milieu de carrière de la scène française.
Conçue pour la Galerie sud du Centre Pompidou, l’installation inédite imaginée par l’artiste est une oeuvre en soi, comme une symphonie, constituée de quatre films récents - activés selon une séquence temporelle précise, formant une boucle d’une heure - ainsi que d’objets et de photographies. Les films emmènent le spectateur en différents endroits du monde : Sarajevo, évoquée pendant le siège de 1992 à 1995 (1395 Days without Red, 2011), Berlin avec le dôme géodésique de Buckminster Fuller (Answer Me, 2008), Bordeaux avec une salle des fêtes désertée (Le Clash, 2010) et, enfin, le célèbre site aztèque de Tlatelolco à Mexico City (Tlatelolco Clash, 2011). Grâce à un travail original de spatialisation sonore à travers les films, l’artiste fait de la Galerie sud une véritable boîte à musique diffusant tour à tour une symphonie de Tchaïkovski, une nouvelle version de « Should I Stay or Should I Go » des Clash ou des rythmes de batterie.
L’exposition joue aussi avec l’espace de la Galerie sud qui, de plain-pied avec la rue, communique visuellement avec la ville. Placé entre fiction et réalité, le visiteur de l’installation fait face aux passants qui longent le Centre Pompidou. Il est cependant sans cesse ramené au moment présent par l’activation de dix batteries (Doldrums, 2008) qui s’animent de façon intermittente. La sculpture No Window No Cry, une petite boîte à musique, est insérée dans l’une des vitres de la galerie d’exposition à côté d’une « bulle » coulée dans le verre. Quand elle est activée, elle diffuse une version simplifiée de la chanson «Should I Stay or Should I Go» (The Clash, 1981) qui scande deux des films projetés Le Clash et Tlatelolco Clash. Cet air, présent dans les trois oeuvres, fait passer les spectateurs du réel à la fiction.
Une des deux oeuvres de l’artiste présentes dans la collection du Centre Pompidou, Title Suspended, 2008, ainsi que deux photographies, complètent l’installation.
Né en 1974 à Tirana, en Albanie, Anri Sala crée des oeuvres mêlant image, son et architecture. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions monographiques, notamment à la Serpentine Gallery (Londres) en 2011, au Musée d’art contemporain de Montréal la même année, au Museum of Contemporary Art North Miami en 2008, à l’Arc à Paris en 2004, ainsi que dans de nombreuses expositions collectives, parmi lesquelles trois biennales de Venise (2003, 2001, 1999) où il a obtenu le Prix du jeune artiste à l’édition de 2001. Anri Sala représentera la France à la 55e biennale d’art de Venise. Il est représenté par la Galerie Chantal Crousel à Paris, la Marian Goodman Gallery à New York, Hauser & Wirth à Londres et Zurich, kurimanzutto à Mexico et la Galerie Johnen à Berlin.
À l’occasion de l’exposition, le Centre Pompidou publie un catalogue bilingue français/anglais de 160 pages, conçu par Quentin Walesch, avec des textes de Michael Fried, Christine Macel, commissaire de l’exposition, Philippe Parreno et Jessica Morgan.